Nicolas Sarkozy veut changer le nom de l’UMP

Après avoir annoncé vendredi qu'il était candidat à la présidence de l'UMP, l'ancien chef de l'Etat a accordé une interview au Journal du dimanche. Il y annonce, à quelques heures de son intervention télévisée sur France 2, sa volonté de vouloir changer l'UMP sous sa forme actuelle : "Je vais changer le nom du parti, mettre en place une nouvelle organisation, installer une relève et faire revenir les adhérents et donateurs pour redresser les comptes", détaille-t-il dans les colonnes du journal.

"Si je réussis cette nouvelle formation, ils (Juppé et Fillon) ne pourront plus me rattraper", estime Nicolas Sarkozy.

Par contre, l'ancien président de la République souhaite garder les locaux actuels de l'UMP : "On ne va pas les vendre en pleine crise immobilière", précise-t-il.

Concernant sa présence à la télévision ce soir, Nicolas Sarkozy affirme ne vouloir "être agressif avec personne" et être "sans arrogance ni esprit de revanche".

"Je n'annoncerai pas que je suis candidat à la présidentielle", indique-t-il également dans cet entretien, ajoutant que "ce sera un autre temps. L'étape d'aujourd'hui, c'est de remettre ma famille politique au travail".

Interrogé sur son rôle en tant que possible futur chef de l'opposition, l'ex-président de la République a expliqué qu'il ne sera "pas agressif" à l'égard de François Hollande, "comme lui à mon endroit". "Je n'ai pas envie de lui ressembler", ajoute-t-il.

A propos des affaires auxquelles il doit faire face, il s'est expliqué : "Je suis sorti de Karachi. J'ai été blanchi dans Bettencourt. Sur la Lybie, ils (les juges) savent que les documents sont faux". "Quant à Bygmalion", a-t-il ajouté, "c'est moi qui suis la victime. Chacun sait que ce n'est pas un système dédié à Sarkozy"


Voici le texte publié par Nicolas Sarkozy ce vendredi sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter pour annoncer officiellement son retour sur la scène politique en se lançant dans la course pour la présidence de l'UMP :

 

"Mes chers Amis, Le 6 mai 2012, au soir de l'élection présidentielle, j'ai remercié les Français de l'honneur qu'ils m'avaient accordé en me permettant de conduire les destinées de notre pays durant cinq années. Je leur ai dit ma volonté de me retirer de toute activité publique. Depuis, j'ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d'activités intenses. J'ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d'affrontement.

"J'ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m'ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions. J'ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l'endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique. J'ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit.

"Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d'aujourd'hui nous oblige à nous réinventer profondément. Je me suis interrogé sans concession sur l'opportunité d'un retour à la vie politique que j'avais arrêtée sans amertume et sans regret. C'est au terme d'une réflexion approfondie que j'ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique. Car, au fond, ce serait une forme d'abandon que de rester spectateur de la situation dans laquelle se trouve la France, devant le délitement du débat politique, et la persistance de divisions si dérisoires au sein de l'opposition.

"Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d'un nouveau et vaste rassemblement qui s'adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd'hui à la moindre réalité. Ce vaste rassemblement se dotera d'un nouveau projet, d'un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d'une nouvelle équipe qui portera l'ambition d'un renouveau si nécessaire à notre vie politique. J'aime trop la France; je suis trop passionné par le débat public et l'avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d'aujourd'hui et la perspective d'un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s'installer dans le monde l'idée que la France pourrait n'avoir qu'une voix secondaire.

"Nous devons faire émerger de nouvelles réponses face aux inquiétudes des Français, à leur interrogation sur la pérennité de la France, à la nécessité d'affirmer sa personnalité singulière, à la promotion de son message culturel qui est sans doute la plus belle part de notre héritage. On ne fait rien de grand sans l'unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective. Pour construire une alternative crédible, il nous faut donc bâtir la formation politique du XXIe siècle. Je le ferai avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d'apaiser les tensions, et en même temps de susciter l'intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l'abaissement de la France. Nous aurons besoin de toutes les intelligences,de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés.

"Il nous faut tourner la page des divisions et des rancunes afin que chacun puisse s'inscrire dans un projet, par nature, collectif. Je connais les difficultés qui nous attendent. Mais l'enjeu nous dépasse tellement, les perspectives sont si exaltantes, le redressement si nécessaire qùà mes yeux les obstacles paraissent dérisoires. Ensemble, par la force de notre engagement, par notre conscience commune de la gravité des enjeux, nous rendrons possible le sursaut dont nul ne peut douter de la nécessité et de l'urgence. Que chacun soit convaincu de la force et de la sincérité de mon engagement au service de la France."

Nicolas Sarkozy

 

 

 

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