Côte d’ivoire : Laurent Gbagbo trouve son pays « invivable »

Lors de sa dernière réunion avec les membres fondateurs d’Eds, l’ancien président ivoirien est revenu sur la nouvelle Côte d’ivoire sous l’ère Ouattara. Il estime qu’Abidjan (la capitale économique) est devenue très difficile à vivre.

Laurent Gbagbo (c) Droits réservés

« Depuis que je suis revenu, le 17 juin 2021[…], je constate et c’est dommageable que Abidjan soit devenu une ville si étouffée et si étouffante. », a fait savoir Laurent Gbagbo, pendant son assise lundi dernier avec les membres fondateurs d’Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (Eds), une coalition anti Ouattara créée autour du Front populaire ivoirien (Fpi) en 2017.

L’ancien président ivoirien ne reconnait plus sa Côte d’ivoire après dix ans d’absence. Il est stupéfait du boom démographique qui a eu lieu pendant son incarcération à la Haye au Pays-Bas. « C’est trop rempli ! C’est trop rempli ! Même pour faire 5 KM et aller saluer un copain, tu mets peut-être une heure d’embouteillages, surtout à Cocody. Je ne savais pas que Cocody était devenu si rempli, il n’y a pas de différence entre les quartiers résidentiels et les autres quartiers. », a constaté Gbagbo. « Et c’est pourquoi, et je pense que Houphouët Boigny avait fait le transfert de la capitale à Yamoussoukro, mais je ne sais pas pourquoi il s’est arrêté en si bon chemin », a-t-il déploré.

Tout ça à cause de la Cpi !

Pour Lg, la Côte d’ivoire qui est maintenant entre les mains du président Alassane Ouattara aurait été mieux si la Cour pénale internationale (Cpi) n’était pas venue jouer les trouble-fête.

« Quand je suis arrivé [au pouvoir], j’ai entrepris de mettre en place, les bâtiments pour accueillir les nouvelles institutions à Yamoussoukro. On m’a arrêté en 2011, l’Assemblée Nationale devait être achevée en 2012. Elle est là-bas, bâtiment immense et elle est devenue un éléphant blanc. », a regretté l’homme politique.

Ah ! Le Bon vieux temps

Laurent Gbagbo ne se lasse pas du temps où il tenait les rênes de la mythique « République du Cacao ». Durant le discours qu’il a prononcé en présence des 800 cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) le lundi dernier au palais de la Culture de Treichville à Abidjan, il n’a pas manqué de raconter ses quelques avancées.

« J’ai fait construire l’hôtel des parlementaires à Yamoussoukro. Là j’ai pris deux décisions : construire un hôtel pour les députés, comme ça quand ils siègent, ils ont un lieu où habiter et la deuxième décision, j’ai fait prolonger l’autoroute de Singrobo à Yamoussoukro ».

« L’hôtel des députés a été construit avec l’aide de la Chine parce qu’ils ont presque tout fait. L’hôtel nous est revenu à 22 milliards, et nous n’avons dépensé que six milliards. Mais l’autoroute, nous avons emprunté de l’argent aux banques arabes et c’est là-dessus qu’on a pris un peu pour faire le pont de Jacqueville, parce que j’étais en visite à Jacqueville et ils m’ont demandé un pont. Et là je suis tombé des nues, comme la famille Yacé m’avait reçu, j’ai demandé aux enfants Yacé : ‘’Mais je pensais que votre père ne voulait pas de pont ‘’. Ils m’ont dit : ‘’ c’est faux ! Papa demandait, à chaque fois un pont mais on ne faisait que lui demander d’attendre’’. Et quand je suis revenu à Abidjan, j’ai envoyé Patrick Achi, qui était Ministre des Infrastructures économiques, voir les banques arabes pour leur demander d’ajouter aux prêts sollicités une marge pour construire le pont de Jacqueville. Ils ont accepté et ils ont choisi une société égyptienne qui a fait le pont alors que pour l’autoroute c’était une société tunisienne. Je viens d’arriver et je trouve Abidjan invivable. Et je n’envisage pas aller rendre des visites parce qu’il n’y a pas de plaisir à tirer avec les embouteillages à tout coin de rue. […] »., a-t-il ressassé.

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