Côte d’ivoire : Bédié met la pression sur Ouattara pour la libération des prisonniers des crises sociales

Le président du Parti démocratique de Côte d’ivoire (Pdci), Henri konan Bédié (HKB), demande au chef de l’Etat ivoirien de libérer les prisonniers des crises suscitées par les élections présidentielles lors des années 2010 et 2020 comme convenu pendant la troisième phase du dialogue inclusif qui s’est déroulée en décembre dernier.

Bédié et Ouattara (c) Droits réservés

Tout comme Laurent Gbagbo, le président national du Parti démocratique de Côte d’ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), Henri Konan Bédié, invite Alassane Ouattara à libérer les prisonniers des tensions sociales nées après les élections présidentielles des années 2010 et 2020. C’est ce qui ressort d’une lettre datée du mercredi 4 août 2021. 

Le leader du Pdci, rappelle au chef de l’Etat les accords qu’ils ont conclus lors de leur rencontre post-électorale le mercredi 11 novembre 2020 en vue de « l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, pour la réconciliation et la paix » en Côte d’ivoire.

« Monsieur le Président,

Le mercredi 11 novembre 2020, au cours d'une rencontre faisant suite à la grave crise électorale d'octobre 2020, la décision commune avait été prise pour l'ouverture d'un Dialogue politique inclusif pour la réconciliation et la paix durable dans notre pays. Le mardi 27 juillet 2021, il vous a également plu de rencontrer Monsieur Laurent Gbagbo, votre prédécesseur, dans le cadre de la décrispation de la vie politique dans notre Pays.

Dans une adresse que j'ai faite lors de la visite qu'a bien voulu me rendre le Président Laurent Gbagbo, à Daoukro, au début du mois de juillet 2021, j'ai d'abord lancé un appel au pardon, à l'oubli des offenses, à la maitrise des douleurs et des souffrances du passé afin d'aller à la réconciliation vraie des Ivoiriennes, des Ivoiriens et de tous ceux qui habitent la Cote d'Ivoire.

Ensuite, j'ai dit ma disponibilité à mettre toutes mes forces dans le combat pour la réussite de la réconciliation nationale qui doit se faire maintenant afin de léguer au pays et aux générations futures, une Cote d'Ivoire réconciliée, unie et prospère.

Enfin, l'évolution de la situation socio politique de notre pays montre que le moment est venu de se parler et de se réconcilier. La célébration de la fête de l’indépendance le 07 Août prochain, offre le cadre idéal pour se surpasser dans le sens du Pardon.

C’est pourquoi, je vous demande de prendre par une volonté politique forte, le leadership du processus de réconciliation nationale, par la libération générale des prisonniers des crises sociales que nous avons subies La résolution des points annexés à cette correspondance pourraient conduire notre pays à une paix durable, préalable à son développement, dans progrès et la stabilité.

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l'assurance de notre très considération

Henri KONAN BEDIE

Le Président

Président du PDCI-RDA

Ancien Président de la République de

Côte d'Ivoire », a écrit Henri KONAN Bédié.

Pour mémoire, après la crise politique de 2010 qui a conduit au départ de Gbagbo du pouvoir, au massacre de plus de 3000 personnes et à l’arrestation de plusieurs civils et de militaires, la stabilité en Côte d’ivoire ne tenait que sur un fil. Et Les récentes élections présidentielles d’octobre 2020 sont venues attisées une notre crise enfouie. La victoire d’Alassane Dramane Ouattara (Ado) aux présidentielles a donc été la flamme incendiaire. Ce dernier avait déclaré huit mois avant la tenue du scrutin qu’il n’allait pas briguer un troisième mandat. Ce qui n’a donc pas eu lieu. Au prétexte de la mort du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, l’homme pressenti pour concourir à sa place et à un amendement de la Constitution qui lui donnait d’après lui le droit de devenir candidat à sa propre succession, Ado a finalement déposé sa candidature malgré les protestations des partis opposants. Ceux-ci ont ordonné à leurs militants d’aller manifester dans les rues pour exprimer leur colère. Ce qui a tourné au vinaigre après une sévère répression des forces de maintien de l’ordre. L’atmosphère socio-politique en Côte d’ivoire est devenue tendue. Les partisans des partis d’opposition et ceux du parti au pouvoir (Rhdp) se regardent en chiens de faïence.

Ainsi, selon la pièce jointe à lettre de Bédié, du 21 au 29 décembre 2020, s'est tenue la troisième phase du « dialogue politique inclusif », à l’initiative du chef de l'Etat et présidée par le feu Premier ministre Hamed Bakayoko à laquelle l’Opposition a pris part. Ce dialogue portait sur l'environnement politique et l'environnement électoral dans le pays.

Au cours de cette réunion des résolutions prises sur le contexte politique à l’instar de « la libération des prisonniers politiques, civils et militaires de la période 2010 à 2020, du retour sécurisé de tous les exilés, de la cessation des poursuites judiciaires dont font l'objet les militants de l'opposition suite aux crises politiques de 2010 à 2020, de la poursuite des discussions à un haut niveau entre les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara… » entre autres n’ont pas été mise en œuvre jusqu’ici, déplore Konan Bédié.

Idem en ce qui concerne la résolution de l'environnement électoral qui était : « l'amélioration du découpage électoral en préservant les acquis -l'audit de la liste électorale, à l'instar de ce qui s’est fait au Burkina-Faso et en Guinée ; »

En plus de ces points de convergence qui n’ont pas été concrétisés, l’ancien président de la République Henri Konan Bédié a proposé de nouveaux points comme « l’élargissement du cadre du dialogue politique à tous les acteurs politiques significatifs, notamment l’ex Premier ministre Guillaume Soro, les questions de sécurité et d'intégrité territoriale (incursions terroristes au Nord du pays, l'orpaillage clandestin, le phénomène des microbes, la question des milices privées et des dozos), la question de la maitrise de l’immigration et ses corollaires (conflits communautaires, fraude sur la nationalité ivoirienne, la pression sur le foncier rural), etc… »

Et au plan de l'environnement des élections il a proposé « la mise en place d'un organe électoral indépendant et impartial, selon les normes internationales L'instauration d'un système d'inscription sur la liste électorale de façon permanente, la question de la sécurisation des opérations électorales pour garantir leur sincérité (violence électorale, destruction d'urnes et intimidation des électeurs). »

La sortie de « Hkb » intervient deux jours avant la célébration du 61e anniversaire d’indépendance de la Côte d’ivoire. Il sera organisé le 7 août prochain à l’esplanade du palais présidentiel « en raison de la résurgence des cas de covid-19 signalés ». Le président national du Pdci-Rda souhaite profiter de l’occasion pour faire table rase.

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