Les réseaux sociaux, désormais leviers de mobilisation et de révolution au Cameroun ?

Les révolutions qui ont secouées le monde Arabe (Maghreb et proche orient) en 2010, ont été l’œuvre des réseaux sociaux qui ont joués un rôle primordiale dans la chute de certains régimes. La mobilisation sur les réseaux sociaux après le décès de Monique KOUMATEKE et ses jumeaux ne témoigne-t-il pas de la puissance de ces plates formes comme levier de contestation et révolution sociale ?

Crédit: le-printemps-arabe.e-monsite.com

Depuis le décès de Monique KOUMATEKE survenue le samedi 12 mars 2016, la polémique enfle sur les réseaux sociaux. L’on assiste à une pléthore d’opinions et de commentaires qui vont d’avantage continuer, puisque cette affaire scabreuse va connaitre encore d’autres rebondissements. C’est la première fois qu’une situation comme celle-là suscite une vive controverse sur les réseaux sociaux. Ces internautes exigent soit la démission du ministre en charge de la santé et certains membres du personnel soignant de l’hôpital laquintinie. Comment comprendre cette contestation massive et tous azimuts sur les réseaux sociaux qui ont provoqué rapidement la réaction des autorités compétentes ? Est-ce que les réseaux sociaux peuvent-ils être des vecteurs du virus de la contestation et de la révolte au Cameroun ?

Internet est un média qui ressemble à un nouvel eldorado où la liberté d’expression n’est pas bafouée. Certes avec les médias traditionnels, il possible de s’exprimer, mais il faut également dire qu’on peut être inquiété par ses opinions.

Avec les réseaux sociaux aujourd’hui, les acteurs de la vie sociale s’expriment sans être inquiété parce que les autorités dirigeantes ne contrôlent pas internet comme les autres médias traditionnels. En d’autres termes concrets, facebook, twiter et les autres supports sont devenus le meilleur moyen de s’exprimer sans être interrompu. Bien plus il faut dire aussi que ces moyens modernes de communication ont permis à la masse populaire de protester, de s’organiser, d’informer et de se conforter dans l’action. C’est ainsi que les images choquants du décès de KOUMATEKE et ses jumeaux se sont rapidement répandues à travers le monde et a suscité la colère des camerounais. Ce même jour du décès, s’est planifiée sur ces réseaux sociaux la marche qui a eu lieu le dimanche en face de l’hôpital laquintinie.

Avec les nouveaux médias l’information circule rapidement comme un TGV et les décisions d’actions se prennent également sur ces outils qui avec le temps devient une passerelle en terme de contre pouvoir, échappant jusqu’ici au pouvoir en place. Il se vit dans les réseaux sociaux un activisme protubérant et ces internautes-activistes solitaires réussissent aujourd’hui à se regrouper en découvrant que d'autres personnes partageaient leurs sentiments. Cela se concrétise avec le regroupement des masses dans la rue pour crier leurs mécontentements. C’est de cette manière que la révolte Arabe est partie et la réaction des camerounais suite au décès de la compatriote a été presque similaire. Est-ce que cette situation vécue au Cameroun en quelques jours n’est pas une sonnette d’alarme pour le pouvoir en place qui doit faire attention au contenu des réseaux sociaux.

S’ils prennent conscience du pouvoir et de la capacité de nuisance des réseaux sociaux parviendront-ils à fliquer et museler internet ? Nous pensons que non, dans la mesure où les gouvernants de l’après printemps arabe n’ont pas pu fliquer et museler les réseaux sociaux. La parole continue à rester libre sur ces plates formes de communication et c’est le meilleur moyen de parler sans être stopper, c’est le meilleur outil aujourd’hui pour l’activisme en contournant la censure qui est une réalité dans les médias traditionnels. Une fois qu’une image, une information est postée, il est impossible de l’intercepter.

© Chancelin WABO, Lebledparle.com

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