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[Tribune] : « Un chef, un vrai, censé être le parapluie du peuple fait quoi dans un parti politique ? »

Chedjou Fo 29

Le Roi des Bamendjou s’est posé la question dans une tribune rendue public le 29 novembre 2020, quelques jours après de certains de ses pairs qui ont jeté un regard panoramique sur la situation sociale, économique et politique au Cameroun dans un document de six pages, rendu public le 25 novembre 2020.


Chedjou Fo 29
Fo’o Sokoudjou Mpoda le 29 novembre 2020 dans sa chefferie – DR

Le gardien de la tradition pense qu’un chef traditionnel doit être au-dessus des partisanneries politiques. « Un chef, un vrai, censé être le parapluie du peuple fait quoi dans un parti politique ? Tu diras quoi a ton fils qui ne partage pas tes opinions politiques ? Ça c’est enterré un enfant dedans et un autre dehors », écrit-il.

Lebledparle.com vous propose l’intégralité de la tribune.

Que chacun en faisant n’importe quoi sache  qu’on ne trompe pas le peuple et si tu t’en sors tu n’es pas sûre que tes enfants s’en sortiront !!!!

Vous qui dormez toujours votre part de rêve que vous avez trompé le peuple la, rassurez-vous, vous vous couchez comme ça quand il se réveille et c’est l’histoire qui vous répondra.

 Ma voix n’est pas si petite pour que je demande à quelqu’un d’autre de dire ma part à ma place. Ai-je besoin de déposer mon fusil sur pour quelqu’un avant de lancer?

Chacun va mourir que sa propre  mort et j’ai pas besoin que quelqu’un m’aide à porter le deuil pour pleurer mon pays car chacun comprends son corps que sur lui et personne en partant n’arrêtera la main de l’autre.

 Pourquoi faire comme si on sursautait d’un profond sommeil ce matin  pour réaliser subitement que le peuple a un pied sur son  cou qui l’étrangle depuis son semblant d’indépendance  sous le regard complaisant et parfois  complice de certains qui ont l’air d’être surpris aujourd’hui?

Ce que je dis aujourd’hui je l’ai dit hier et cela m’a valu torture et prison,  je le dirai demain si ça ne change pas dans le sens de l’intérêt du peuple. Je ne cherche pas la chaise, je n’attends rien de personne, ma part de lave main vient des dieux de mes ancêtres qui savent seuls à quel moment ils iront au grenier. J’accouche ma part qu’au marché surtout que je ne dis rien pour gâter mais je dis pour attirer l’attention de ceux qui nous gouvernent sur la quantité de souffrance qu’ils ont déjà donnés au peuple. Je ne mange pas ma bouche quand je dis ma part puisque si c’est même au marché qu’on me dépose je dirai la même chose parce que je pleure mon pays et même celui qui refusait hier parce qu’il léchait les feuilles accepte aujourd’hui et réalise qu’en réalité la misère n’a  ni parti politique ni tribu. Je travaille ma part que dieu m’a chargé de faire et lui seul saura laver mes mains d’ailleurs qu’il le fait déjà abondamment.

Je l’ai dit et même ceux qui font  semblant de trop aimer  ce régime alors qu’ils mangent la sauce dans deux canaris sont conscients que ce pays souffre parce que le peuple ne se reconnaît pas en ses dirigeants. Depuis l’indépendance, au Cameroun comme dans bien d’autres  pays Africain, il n’y a jamais eu d’élection, tout ce qu’on appelle élection n’est que de la comédie qui permet aux colons, ceux que nous sommes devenus rien comme ça à cause d’eux  d’installer un autre pion au sommet de l’état pour préserver ses intérêts. Et ça le peuple d’aujourd’hui, 60 ans après  n’en veut plus et veut prendre son destin en main et c’est la source de plusieurs conflits .tu ne peux pas éternellement arrêter ta nourriture entre les mains, on mange et on te demande de lécher les feuilles.

Dans le choix des dirigeants a la base, c’est toute une sorcellerie. On ne leur a appris que vol et tricherie. Maires, députés, sénateurs, ils savent seuls comment ils arrivent à ces postes. C’est  tout sauf des élections. Le peuple ne se reconnaît pas en ces gens et subit la loi de ceux qui ont le pouvoir et le sac du peuple. Vous pouvez continuer à dire ce que vous voulez mais voilà la réalité et il faut plutôt chercher à rétablir de nouveau un climat de confiance avec le peuple au lieu de vouloir toujours imposer vos pensées par la force et la violence. Ces méthodes sont dépassées. Vous allez toujours couvrir la pierre avec la terre jusqu’à quand? Et retenez aussi que si vous trompez la mère d’enfant, l’enfant va grandir. Laissez le peuple choisir librement ses dirigeants et être capable de les sanctionner quand le résultat ne suit pas, la paix va venir elle-même   et chacun pourra dormir le sommeil. Museler ceux qui chantent une chanson autre que la vôtre,  jeter les autres en prison n’est aucunement la solution. Vous limez comme ça les munitions de vos adversaires.

Ayons le courage de dire que notre pays comme bien d’autres pays Africains souffre de la mal gouvernance, du vol, du favoritisme et de l’illégitimité de ses dirigeants. Ne laissons plus le feu pour souffler sur la cendre. Voilà les problèmes qu’il faut régler si nous voulons d’un pays en paix et prospère.

Nous ne pouvons pas être à l’œil de l’eau et mourir de soif. La nature nous a tout donné mais quelques-uns ont pris le pays en otage, se servent comme ils veulent et n’acceptent même pas que tu cries que tu as faim. On ne peut pas  taper un enfant et l’empêcher de pleurer

Je ne cesse de de dire à ceux qui nous gouvernent qu’il est inacceptable qu’on asphyxie le peuple avec des interminables impôts alors que les dirigeants sont dans une richesse insolente, nargue le peuple, ne payent ni ‘eau, ni lumière, ni maison, le pays leur ayant tout donné. Comment toujours vouloir creuser le ravin pour remplir la colline? Il faut changer la donne. Pourquoi autant de déséquilibre. C’est toujours le peuple qui serre la ceinture, retrousse les manches, et vous là-bas en haut vous faites quoi? Le peuple travaille vous mangez comme dieu avait déjà coupé votre cadavre de chèvre. Et avec ça, vous parlez de paix!!!

J’ai dit et aussi longtemps que j’aurai un peu de soufflé et de force, je le dirai  toujours   que les  soit disants élites sortent  des chefferies traditionnelles et cessent de prendre les chefs en otages en les rabotant comme des  statuts qui ne chantent que leurs chansons et sont parfois les valets de ces élites.

Que l’administration laisse les chefferies en paix dans son rôle de gardien  des traditions, de socle spirituel gage d’une paix social   et arrête avec intimidation et humiliation. Dans nos traditions, on n’ait chef et ce pouvoir ancestral se transmet de père en fils selon la seule volonté du défunt. Quand désormais  un chef est élu, on parle de quoi en ce moment-là ? De qui tient-il son pouvoir? Du papier que vous appelez homologation? De ses ancêtres ou de qui ? De qui se moque ton?

Que les chefs eux-mêmes arrêtent leurs corps et comprennent  que monarchie ne peut rimer avec démocratie car l’un va manger l’autre et retrouvent leurs palais et leurs trônes pour sauvegarder ce pouvoir ancestral qu’ils ont hérités de leurs ancêtres. Encadrent les populations dont ils ont la charge sans distinction de chapelle politique et accompagnent l’état dans la recherche des solutions pour le bienêtre des populations. Dans ce jeu dangereux qu’ils jouent avec le politique, ce n’est que la mort de la chefferie traditionnelle qui est programmée et les gouvernants ayant compris ce que peut représenter une  chefferie traditionnelle qui est assise sur la force et la puissance de ses ancêtres  ne travaillent que pour les fragilisées et les détruire. Ils  détournement les  successions pour installer les chefs politiquement correct et  contrôlable, ils  clochardisent  les  chefs, ceux qui ne veulent pas danser comme ils tapent  sont menacés, intimidés, rappelés à l’ordre et on dit même qu’on va les enlever sur la maison de leurs pères. Les  chefferies  sont des lieux sacrés et dont l’existence ne dépend pas seulement du bon vouloir de nous les humains.

Un chef, un vrai, censé être le parapluie du peuple fait quoi dans un parti politique ? Tu diras quoi a ton fils qui ne partage pas tes opinions politiques ? Ça c’est enterré un enfant dedans et un autre dehors

Un vrai fo’o qui a l’onction de ses ancêtres et qui est dans la vérité de son peuple n’a peur de rien car assuré de la protection des dieux de ses ancêtres qui l’inspirent chaque jour. Il a en lui une force que lui-même ne maîtrise pas et qui fait de lui un être différent  des autres et il doit se mettre au service du peuple car il a des comptes à rendre à dieu.

Que ce soient ceux qui sont sur la chaise ou ceux qui cherchent à s’asseoir sur la chaise, comprenez que le Cameroun est au-dessus de vos intérêts et tous nous passerons. La paix c’est se soucier du bien-être du peuple, c’est donner à manger au peuple, c’est soigner le peuple, c’est donner de l’eau a boire, c’est éduquer le peuple. La paix c’est écouter le peuple et se mettre à son service. La paix ne se décrète pas. Personne n’a intérêt à voir ce pays sombrer. Les voleurs sont nombreux, il ya les vampires parmi nous, les sorciers sont là, il y en a qui sont là à limer les petits couteaux pour le moment venu régler les comptes de tel ou tel. Non nous n’y arriverons pas, tous nous sommes les enfants de ce pays et sous l’arbre à palabres dans un dialogue franc en nous tolérant, nous allons tracer de nouveaux traits pour un Cameroun, une Afrique nouvelle ou les dirigeants sont désormais au service du peuple et non plus ceux qui tuent et partent au deuil.

Que chacun lave son cœur en regrettant tout le tort qu’il a commis à son proche, a son voisin , a son pays et ce n’est que dans cet esprit que nous pouvons espérer le retour de dieu au lieu sacré pour une vraie paix en Afrique et dans le monde

Je suis prêt avec ce que les dieux de mes ancêtres m’ont donnés d’apporter ma modeste contribution pour que nous retrouvons la paix au Cameroun et en Afrique. Je ne le ferai pas pour des individus ou pour une tribu mais pour le peuple dont dieu m’a confié la charge d’une partie depuis près de 68 ans déjà

Fo’o Sokoudjou Mpoda ce 29 novembre 2020

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