Richard Makon : Au Cameroun, « l'ordre gouvernant est essoufflé »

Avant les élections couplées du 9 février 2019, les commentaires et les analyses vont bon train. C’est assurément l’heure du bilan avant la tenue ou pas de ces élections. Dans une réflexion publiée sur son mur Facebook le samedi 7 décembre 2019, Richard Makon, docteur en droit international pense que les chosent changent dans le microcosme politique camerounais. Les gouvernés commencent à s’intéresser à la chose politique et se prononcent de manière ouverte. Lebledparle.com vous propose de lire l’intégralité de la réflexion.

Richard Makon - capture photo

LES CHOSES CHANGENT !!!

Quand vous voyez le nombre d'élus locaux, parlementaires et conseillers municipaux, qui est honni, apostrophé, insulté, hué et parfois pourchassé comme des chiens galeux, dans des localités où hier encore ces élus étaient traités comme des rois, et crains comme des cerbères, vous vous dites que les choses changent déjà...

Vous vous dites que finalement certains gouvernés commencent à se rendre compte de leur force !

Oui, parce que les choses changent ! Nous avons vu au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest, dans des localités qu'on disaient acquises à certains dignitaires, des populations décidées à se défaire du joug souvent malfaisant de ces derniers. Et ça ne fait que commencer !

Oui, les choses changent !

Le régime qui nous gouverne s'accroche comme il peut à ses certitudes et à ses acquis, de plus en plus incertains. Le système tout entier n'avait jamais subi, en un laps de temps aussi court, autant de coups, de secousses et de pressions.

L'ordre gouvernant est essoufflé, et son autisme traduit en réalité ses doutes et ses peurs les plus grandes.

Le parti-État est lui aussi malmené par des contradictions internes et des bruits de contestations d'une jeunesse de plus en plus politisée qui multiplie les demandes de réformes et de changement.

L'administration en pleine mutation éprouve de plus en plus des difficultés à réussir ses entreprises de verrouillage de l'espace politique et de rétrécissement du champ des libertés.

Les choses changent !

L'opposition, malgré ses lacunes, constitue aujourd'hui une force politique réelle, qui travaille à convaincre qu'elle peut durablement s'imposer comme une force d'alternance.

Les choses changent, les camerounais apprennent à dire non, ça suffit, trop c'est trop ! Et lorsque vous voyez les mobilisations d'une certaine jeunesse, courageuse, audacieuse, déterminée et hardie, qui s'élève aux dessus des clivages et des divisions le plus souvent superficielles, dans le but de construire des synergies pour la transformation et le progrès de notre société, vous vous dites qu'un leadership nouveau se construit là !

Et là vous comprenez pourquoi le sage africain a dit, "dans la forêt on entend toujours le bruit des arbres qui tombent, mais jamais celui des graines qui bourgeonnent et des arbustes qui poussent.

Les choses changent...

Elles changeront encore davantage, qu'on le veuille ou pas !

Elles changent pour le bénéfice de tous et non contre certains !

Le mal progresse du fait de l'inaction des hommes de bien !!

Alors, courage à toutes les forces de changement qui croient en un Cameroun plus juste, plus beau, plus prospère et plus grand !!!

Richard Makon

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