Dialogue national : Titus Edzoa remonte les bretelles à Paul Biya

L’ancien proche collaborateur et médecin personnel du chef de l’État propose de limiter les mandats du président de la République, la réforme du code électoral et le retour de la dépouille du président Ahmadou Ahidjo.

Titus Edzoa (c) Droits réservés

On le disait usé par le pouvoir, forcé d’avaler des couleuvres, mais Titus Edzoa reste actif. Sa proposition pour le grand débat national est contenue dans les « Contributions du Think Tank Cape Cameroun au Grand dialogue national ».

L’ancien secrétaire général de la présidence propose, entre autres, un décret de cessez-le-feu avec un début de retrait du dispositif de guerre, aussi, la création d’une instance l’élection du président de la République au scrutin uninominal majoritaire à deux tours et la « création d’une instance nationale pour la réintégration des déplacés et la reconstruction des deux régions (Sud-Ouest et Nord-Ouest) », précise le président du Cape Cameroun.

Autres propositions importantes, transformer la dénomination de l’État de la République du Cameroun en République unie du Cameroun ; la mise en place d’une décentralisation effective en donnant les pouvoirs de gestion et d’administration au Conseil régional et à son président. Sur le plan politique, le chirurgien agrégé de médecine propose la réforme du code électoral et de la composition d’Elecam.

Aujourd’hui, les membres du Conseil électoral sont désignés par le président de la République. L’opposition camerounaise a longtemps reproché aux membres de l’organe en charge des élections au Cameroun, qui joue un rôle central pendant les élections, d’être à la solde du pouvoir.

Dans sa démarche, celui qui est né un 4 janvier 1945 à Douala rappelle la nécessité dans la gestion sociale de « supprimer la loi du 18 juin 1968 au sujet de la diaspora interdisant la double nationalité et abaisser l’âge de la majorité à 18 ans ».

« Rendre effective la loi N° 91/0022 de réhabilitation de certaines figures de l’histoire du Cameroun par la signature des décrets d’application qui définissent clairement les modalités d’exécution de la loi », ajoute Titus Edzoa.

Retour de la dépouille d’Ahidjo

Celui qui a annoncé le 20 avril 1997, sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 1997, indique qu’il faut créer les conditions d’un retour, dans la paix et la concorde, de la dépouille du premier président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo. Enfin, l’ancien « ami » de Paul Biya recommande la création d’un comité indépendant de suivi pour l’application des résolutions du grand dialogue national. Une action que la majorité ne voit pas du même œil et qui a donc peu de chances d’aboutir.

« C’est un opportuniste. Il a été secrétaire général de la présidence, proche collaborateur du chef de l’État, et il n’a jamais fait autant de propositions. C’est quand il se sent à l’étroit qu’il vient avec propositions-solutions. Au sein de notre parti (Rdpc), nous voulons que les choses se fassent dans le consensus pour l’intérêt supérieur de la Nation », a indiqué sous couvert de l’anonymat un député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

« N’oublions pas que l’échec de ce grand dialogue national peut-être synonyme de chaos à la fois pour les partisans de la sécession qui subiront la violence de la guerre, et nos forces de défense et de sécurité qui franchiront le Rubicon de l’horreur. L’échec de ce dialogue nous promet la guerre totale avec un grand perdant : le Cameroun », tranche un autre membre du parti au pouvoir.

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