Cameroun : Eneo rechercherait un repreneur  

Des rumeurs assidues font état de la mise en vente par le fonds d’investissement britannique, Actis, de ses actifs dans le capital d’Eneo Cameroon.

Agents d'Eneo (c) Droits réservés

Cette confidence est faite dans le site Business du journal Jeune Afrique qui, le 5 juillet 2019, a révélé l’information selon laquelle, lassé des interférences politiques et du non-règlement des arriérés de l’État, Actis, propriété à 56 % d’Eneo Cameroon, est en recherche active d’un acheteur.

Toujours selon la même source, les impayés envers l’opérateur national « dépassent largement les 100 milliards de F CFA ».

Mais comme le précisent d’autres sources bien informées sur ce dossier, la mise en vente des actifs d’Actis à Eneo fait partir d’un vaste mouvement de désengagement de ce fonds d’investissement en Afrique.

D’après EcoMatin, « il y a eu 273 désinvestissements de Private Equity en Afrique entre 2013 et 2018. Et donc, ça ne serait qu’un processus normal dans la logique du business développé par des fonds d’investissement qui achètent et revendent. Actis aurait donc attendu, la prolongation, la fin de l’année dernière, jusqu’en 2031 de la concession d’Eneo, pour revendre ses actifs à un meilleur prix ».

Ce renouvellement de la concession d’Eneo est désormais perçu par le gouvernement du Cameroun comme une simple manœuvre pour ajouter de la valeur à un actif destiné à être cédé.

Notre confrère EcoMatin indique qu’« entre le moment où des discussions sont effectuées, et le moment de la vente, il peut s’écouler deux voire trois ans. Et Actis est certes le partenaire stratégique et actionnaire majoritaire, mais la société de distribution d’électricité reste la propriété du gouvernement. L’on indique d’ailleurs que certaines entreprises sont déjà intéressées par la reprise des actifs d’Actis et sont déjà venues aux renseignements, notamment l’Angolais Aenergy. Néanmoins, prévient-on, Actis pourrait malgré tout se résoudre à vendre au rabais tant le Cameroun et son opérateur électrique sont perçu aujourd’hui comme un investissement risqué ».

Des sources proches d’Eneo nous apprennent que cette information « ne va faire qu’inciter le gouvernement à ne pas régler ses dettes » auprès de l’opérateur national, dont il est actionnaire à hauteur de 44 %.

En rappel, c’est en 2001 que le contrat de concession du service public de l’électricité au Cameroun a été signé pour une période de 20 ans, entre l’État et la société américaine AES. Cette dernière, en fin d’année 2013, a cédé tous ses actifs au Britannique Actis.

Ce fonds d’investissement a alors élaboré et soumis au gouvernement, dès 2015, un programme d’investissement nécessitant des emprunts de long terme, que ne pouvait pas couvrir le reste de la période contractuelle (moins de 10 ans).

Afin de rendre effectifs ces investissements estimés à environ 900 milliards FCFA sur une période de 10 ans, un conseil d’administration d’Eneo tenu le 23 avril 2015 à Yaoundé, a recommandé à la direction générale « de finaliser et de signer le nouvel avenant au contrat de concession entre Eneo Cameroon SA et la République du Cameroun ». Ce qui a été fait en fin d’année 2018.

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