Cameroun : Que vaut un chef de village dans la région du sud ?

Avec beaucoup de paroles et les mains vides lors des grandes concertations de développement, les auxiliaires de l’administration que sont les chefs de villages ont du mal à convaincre dans la région du sud.

assemblee de chefs traditionnels

Salué ou insulté par tel ou tel autre au passage, le chef dans la région du sud est un homme ordinaire ; comme les autres, il a ses propres penchants en tant qu’homme mais mérite d’être honoré et valorisé :  ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.  

Le vécu actuel des chefs n’a pas toujours été tel. Il y a quelques décennies, les chefs du sud comme ceux d’ailleurs, incarnaient une autorité suprême et étaient craints et honorés. Mais qu’est-ce qui de nos jours a occasionné ce virement de situation ?  

Dans l’étau des litiges et expropriation fonciers, dans la destruction des foyers et dans les mailles de l’alcoolisme comme le commun de leur peuple, voilà quelques maux sur la longue liste dont les chefs ont du mal à s’en défaire ; et du coup, les gardiens des cultures ancestrales à la moindre occasion ne manquent pas en privé comme en public, de se faire remonter les bretelles (quand cela ne dégénère pas en bagarre) par quelques « esprits malins » de la communauté.

Au nombres de ces rebelles, les maris jaloux, les victimes des abus de la chefferie et surtout les détenteurs réels du titre de noblesse qui ont un jour vu leur couronne leur être chipée à coup de manigances et de finances.    

Fonctionnaires en activités ou à la retraite pour la plupart, ils ont chacun fait du chemin sans pourtant convaincre par des actions concrètes : « les honneurs se méritent » avait coutume de dire un vieux chef parti avant d’avoir pu implémenter sa vision.

Pour d’autres par contre, la couronne achetée ou arrachée à la famille régnante, il y va de soi que les préceptes qui font l’essence même de la chefferie leur sont tout à fait étrangers par manque d’initiation : la chefferie traditionnelle est héréditaire et son initiation aussi.

Les causes du malaise des chefs aujourd’hui dans cette région sont légion et profondes, et ce ne sont pas les efforts à saluer des pouvoirs publics qui réussiraient à ramener au bercail l’adhésion sincère des populations : « Devant un seigneur je m’abaisse mais mon esprit ne s’abaisse pas », disait Montaigne.

L’appel comme une autre bouteille à la mer est lancé afin que chacun occupe la place qui est sienne et qu’il joue pleinement son rôle dans le strict respect des biens et de la personnalité des autres pour que vivement l’ordre revienne dans les chefferies du sud

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