Entre 2010 et 2021, l’État du Cameroun a perdu environ 35 milliards de FCFA, soit 3,1 milliards de FCFA par an, dans des pratiques frauduleuses lors du traitement des dossiers lors des pensionnés militaires et policiers, indique un communiqué du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, signé le 22 aout 2024.
Le triste constat a été fait suite à l’audit de l’indemnité de majoration pour enfant servie aux personnels retraités des forces de défense et de sécurité. Il a été mené depuis 2022 par les services du ministère des Finances, de la Défense et de la Délégation générale de la Sûreté nationale (Dgsn) sur la période 2010-2021.
D’après les premiers résultats, plus de 17 000 personnes ayant indûment perçu cet élément de gain dont l’incidence financière sur la masse des pensions versées aux retraités est de 3,1 milliards de Fcfa par an.
« L’explosion du montant de ladite allocation pécuniaire servie aux retraités sus-indiqués au cours de la période 2010-2021 a engendré une détérioration croissante de la soutenabilité du système des retraites », déplore le Minfi.
Lancée depuis 2022, cet audit qui a été mené dans le cadre d’une plateforme conjointe MINFI-MINDEF-DGSN a permis de relever les irrégularités ci-après : environ 12 846 actes de naissance déclarés faux par les Centres d’Etat Civil. Environ 4 300 retraités (418 de la police, 3 842 de l’armée et 43 pensions de réversion (servies aux veuves des militaires) avec au moins un acte déclaré faux.
Eu égard à l’étendue du préjudice pécuniaire que cette situation engendre au détriment du Trésor Public, le groupe de travail conjoint MINFI-MINDEF-DGSN a recommandé l’application d’une mesure conservatoire.
« Celle-ci consiste notamment en la suspension de la solde dès le mois de juillet 2024 du paiement de cet élément de gain aux retraités bénéficiaires affichant au moins un acte déclaré faux », indique le communiqué.